samedi 12 juillet 2014

En panne le Gabon se cherche un avenir


En panne le Gabon se cherche un avenir

Le Gabon est à la  traine en Afrique, selon les chiffres de la BEAC, sa croissance se situerait autour de 6% depuis 2010 (Rwanda 8%, Éthiopie 10%, Sierra Leone 11% sur la même période).
Le secteur de la construction est particulièrement à la peine, les entreprises pour la plupart ont pré financées les projets gouvernementaux. La dette intérieure explose elle frôle depuis 2010 les 1000 milliards (remboursement de la TVA compris). Quant à l'État sur la même période il s'est endetté de près de 2500 milliards.
Depuis 2009 et malgré la succession de trois gouvernements, l'action des pouvoirs publics ne répond pas aux défis et aux enjeux du moment.
Le PSGE (Plan Stratégie Gabon Émergent) programme phare du septennat dAli Bongo est à la traine, les réformes n'ont abouti à aucune réalisation qui pourrait supposer qu'on passe à la suite du programme.

Tout le monde voit bien l’extrême difficulté de la situation politique et sociale qui sévit au Gabon. Cette situation a été aggravée ces cinq dernières années mais elle n’a pas été créée par ces cinq dernières années. Cela fait longtemps, peut-être 15 ans que l’on n’arrive pas à prendre en main les problèmes qui se posent au pays. On n’arrive pas à porter les réponses concrètes nécessaires.
Aux problèmes économiques et à la pauvreté des populations s'ajoute, un climat politique délétère et tendu.
La rage de l'opposition politique envers la majorité présidentielle et le mépris et l'indifférence qu'affiche cette même majorité vis-à-vis de l'opposition marque le ton de "la sauvagerie politique"qui s'exerce.
"La sauvagerie sociale" s'installe aussi, les jeunes ne respectent plus personne, puisque l'État ne leur a pas donné une chance, une éducation, un emploi. Des choses qu'on est en droit d'attendre de son pays.

Nous ne cesserons de le dire, il est plus qu'urgent de ramener l'homme au cœur du développement, d'amorcer une rupture totale dans l'enchaînement des outils du pouvoir. De passer:
- De la démocratie confisquée à la démocratie responsable
- De l'inégalité des chances à la justice sociale
- D'un État ethnique avec un trop plein de gabegie à un État de droit, entreprenant, fluide et économe
- D'un modèle "Gabon d'abord" à un "Gabon pour tous" avec une société décomplexée, engagée et visible
- D'une économie de rente à une économie rentable, attractive et dynamique....

Sans un sursaut national, une action d'éclat des pouvoirs publics, nous serions bientôt tous victimes de l'incompétence du pouvoir. Son incapacité à accomplir les tâches basiques qui lui incombent et son refus de s'attaquer aux problèmes structurels du Gabon. Au 18e siècle Rousseau disait "les hommes vivent dans des systèmes politiques n’ayant pas inscrit la liberté dans l’organisation politique et juridique. Or là où il y a des dominants et des dominés, le dominant n’est pas plus libre que le dominé."
Dans l'attente d'un retournement spectaculaire, sans une prise en charge des problèmes sociaux, il sera extrêmement difficile d'endiguer la montée de l'extrémisme et de la violence.
Attention un peuple patient est un volcan qui s'ignore. Pour l'instant, la population ne se mobilise pas. Elle n'a pas encore trouvé de langage politique, de stratégie pour se dresser contre le gouvernement et demander des comptes.