vendredi 14 juin 2013

Gabon: La mort de Dieu

Gabon: la mort de Dieu

La mort, hantise des hommes et fléau de l'humanité n'épargne plus personne même pas Dieu. Les Gabonais à la recherche d'une réussite sociale facile et rapide remettent leur vie entre les mains des rites et pratiques ésotériques. Ainsi, Nietzsche, annonciateur de la mort de Dieu, prophète de la misère morale et intellectuelle de l'homme était en avance sur son temps. Avant lui, déjà Hégel et Marx, au XIXe siècle affirmaient que l'histoire remplace Dieu dans la toute-puissance sur le destin des hommes.Tous ces penseurs ne s'imaginaient pas, que la désillusion de l'homme face à son destin divin allait s'exprimer autant par des guerres sans pitié que par l'avènement des crimes rituels. Nouveau mode de la promotion sociale au Gabon.
C'est au XXe siècle que se font voir les folies politique nées de cette substitution de Dieu: Nos régimes dictatoriaux en sont la parfaite illustration.

Avec un PIB/Habitant de 16 000 $/an, une production pétrolière de 250 000 barils/ jour au prix de 100 $ le baril. Pays riche en pétrole, en minerais et en bois, les Gabonais étaient semble t-il à l'abri du besoin. Mais voilà! les Gabonais ont l'impression que tout joue contre eux. La réalité rattrape tous les espoirs, le pays englué dans une dictature vieille de 45 ans, voit ses rêves de bonheur se transformer en cauchemar. On estime à 0, 1% de la population ceux qui détiennent 80% des richesses du pays.

Avec 150 000 personnes au chômage soit 10 % de la population totale et 25 % de la population en âge de travailler, les candidats en quête de spiritualité et autres miracles du bonheur font légion. Avec un SMIC qui avoisine les 200 $/mois, une espérance de vie à la naissance de 52 ans (source BM 2012) les Gabonais ne savent plus à quel saint se vouer. Avec un système de santé à la traîne, une dépendance alimentaire totale, un pouvoir d'achat insignifiant, un tissu familiale en perdition, une solidarité nationale inexistante. Comme un mauvais sort voire une malédiction, les Gabonais naviguent au quotidien entre l'enfer et la moitié de l'enfer.

Damnés par un pouvoir tyrannique, maudit par leur richesses naturelles, les Gabonais se réfugient corps et âme dans un espoir de salut à la fois mystique et magique.
Dieu est au banc des accusés, sinon comment peu-il assister sans rien faire à pareille injustice? Être riche sur le papier et pauvre au soleil.
Le Gabon devient un pays de vulgarité spirituelle et de libertinage religieux. N'importe quel illuminé devient pasteur, n'importe quel barbu devient imam et les troubadours s'improvisent Nganga (féticheur).
La banalisation des assassinats, le découpage à des fins fétichistes d'êtres humains sont un levier supplémentaire de la banalisation de nos croyances en Dieu. Le détournement de la franc maçonnerie à des fins criminels, la quête spirituelle à des fins de promotion sociale nous indique bien qu'au Gabon Dieu est mort!
Les Gabonais pensent la scène publique à travers la mort de Dieu, chacun veut sauver sa peau, les riches en sacrifiant les pauvres à travers les crimes rituels, les pauvres en se sacrifiant eux mêmes.

Aussi, la misère aux trousses sans trop y croire et au bonheur la chance, la populace Gabonaise devient la recrue de cet éveil de spiritualité vague. Agissant comme un immense aimant, la foi mystique dévore des pans entiers de la société, à telle enseigne que derrière chaque Gabonais se cache à la fois: un innocent, un mystique, un sorcier, un vampire et même un criminel. La psychose est telle que, derrière toutes réussite sociales, toute promotion se cache la main du diable.
On chuchote, on murmure, on pointe du doigt, on accuse... Personne n'est à l'abri, personne n'est épargné du riche au pauvre, de l'intellectuel à l'illétré.

le pays est à la dérive morale, la faiblesse des institutions politiques, la justice sous contrôle, les finances publiques entre les mains du clan au pouvoir: nous font dire que rien ne permet d'inverser la tendance actuelle.
Alors que faut-il faire? Il faut d'abord sortir de la dictature soit par la reconstruction du sentiment national; soit par une rupture brusque dans l'ordre ordinaire et banal des choses....