dimanche 9 juin 2013

Gabon: Quand la communauté internationale flirte avec la dictature


Gabon: Quand la communauté internationale flirte avec la dictature

Nous devons nous taire parce qu'ils sont les plus forts! Écrasés, par notre dictature nous avons pensé que la communauté internationale  prêtait une oreille attentive à nos supplications. Hélas, nous constatons amèrement que nous nous sommes trompés!

Au regard de ce qui se passe au Gabon on peut affirmer sans détour que la communauté internationale flirte avec la dictature. 

En approfondissant notre réflexion, nous constatons que la communauté internationale s'est dessaisis des  problèmes de démocratie au profit des organisations de la société civile et autres associations. Elle n'est essentiellement  préoccupée que par des problèmes de terrorisme et d'islamisme. Aujourd'hui, pour qu'elle jette un regard intéressé sur les affaires intérieures des États il faut qu'il y ait des centaines de morts...
Ce dessaisissement de la communauté internationale est du pain béni pour les dictateurs mais ils les contraints aussi au service minimun: opprimer les populations, détourner l'argent public mais veillerà ce qui n'y ait pas de morts.... Enfin, pas trop de morts. Ce Message est bien reçu! 

Avec les détournements massifs et outranciers de l'argent public et de l'aide au développement un dictateur peut aujourd'hui, tout se payer. 

Aussi, n'importe quel dictateur peut rencontrer Barack Obama, il suffit d'y mettre le prix. Les agences de lobbyings et les cabinets de conseils feront le reste. 
N'importe quel dictateur peut se payer des élections "crédibles", des forums de bonne gouvernance, des ateliers de lutte contre la pauvreté... 

La deuxième édition du forum de Libreville le NYFA (New-York Forums of Africa du 14 au 14/06/13) en est la parfaite illustration. 
Payé sur fond public (en 2 ans, près de 10 milliards de fcfa 15 millions d'€) ce forum attire les stars de la finance internationale, du show business, des chefs d'État et même des prix Nobel!!!
On se croirait en Suisse, d'ailleurs l'ambition affichée par les organisateurs est de rivaliser avec le forum de Davos. Rien que ça!   

Le tableau aurait été enchanteur et prometteur si tout ça ne se déroulait pas au Gabon. Le Gabon des Bongo pays d'une autre planète, d'un autre âge. Pays d'à peine 1,5 millions d'habitants riche en bois, matières premières et en pétrole. 

Pays qui caracolle en queue de peloton dans tous  les indices de développement, de bien-être, de bonne gouvernance.  Mais qui dispute les premières places dans les indices de corruption, et d'enrichissements illicites. 

Le Gabon des Bongo pays moyennageux oú l'on pratique encore des crimes rituels, ces sacrifices humains à des fins fétichistes.

Omar Bongo fondateur de la dynastique dictature Gabonaise, de son vivant, et selon des estimations américaines aurait siphonné en 42 ans de règne l'équivalent de 15 années de budget national de l'époque, soit 36 000 Milliards de fcfa ( 50 Milliards d'€).
Son fils Ali Bongo est pointé du doigt par les sites d'information Américaine notamment "Yahoo actualité" d'avoir détourné en à peine 3 ans de présidence l'équivalent de 25% du PIB du pays soit 900 Milliards de fcfa (1,4 Milliards d'€) et ce, en dehors des dépenses de complaisance. Achats immobiliers, voyages inutiles, location de palaces, train de vie somptueux..

Il est l'héritier officiel d'une dictature vieille de 45 ans qui ruine tout un pays. Il est capable à la fois: De mettre en prison des leaders de la société civile; De réduire au silence toute son opposition politique; De faire élire toute une chambre de députés acquise; De faire voter un budget d'investissement de 800 milliards de fcfa (1,2 Milliards€) qui est réalisé à hauteur de 200 milliards.

Un dictateur de la trempe d'Ali Bongo est capable de tout: du pire au pire!

 Il est aussi capable de "grands exploits", avec la complicité de la communauté internationale: Faire venir à Libreville pour le NYFA en plus de 600 participants, Six  prix Nobel. Notamment Mohamed El Baradei, Frederik De Klerk... On annonce également la participation d’éminentes personnalités du monde politique, de la finance et des sciences : Fatou Bensouda, procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI); Nicolas Hulot, envoyé spécial du président de la République Française pour la protection de la planète; Mathieu Pigasse, directeur de la Banque Lazard France ; Larry Summers, économiste et ancien secrétaire du Trésor américain ou encore Jacques Attali, économiste.

Comment interpréter un tel flamboyant casting pour une manifestation qui à lieu dans un pays dirigé par une main de fer, par une même famille depuis 45 ans?
Je laisse à chacun le soin d'y répondre. 

Guilou Bitsutsu-Gielessen 
Secrétaire Exécutif de l'URDP ( Union Républicaine pour la Démocratie et le Progrès)

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