vendredi 8 mars 2013

« La revanche du Bongoïsme face à l'émergence Ali9»




Dans la mythologie grecque, Œdipe tue son père pour épouser sa mère. Au Gabon Ali s'est donné la peine de tuer le Bongoïsme pour mieux épouser le PDG (Parti Démocratique Gabonais). En effet, les PDGistes sont d'abord et avant tout des Bongoïstes. Pour tous PDGistes, Bongo rime avec argent, l'émergence rime avec Ali et, Ali9 on ne connait pas! L'argent est le seul langage connu au PDG, le reste c'est de la politique et la politique on n’en mange pas... Avez-vous déjà oublié que le PDG est un vaste casino? Qui rassemblent chercheurs d'or et autres aventuriers des promotions et du gain facile? 42 ans de "Bongo CFA" ne s'éteignent pas en 3 ans "d'Ali9 cailloux, peigne afro..."
Les nominations prises lors du conseil des ministres du 21 février2013 marquent la fin de l'offre d'émergence prônée par Ali Ben. Nous revoilà plongé dans le Bongoïsme, fini l'émergence. Les Altogovéens sont confirmés partout où l'argent coule à flot, "les fils de..", "les cousins de lui..", refont leur apparition. Le népotisme et la gabegie remontent à la surface. Chaque roitelet s'empresse de placer ses sous-fifres, les voleurs reprennent du service. Les dossiers de la commission de lutte contre l'enrichissement illicite sont bloqués par l'exécutif...
Ainsi, ignoré par Ali, nargué par sa légion étrangère, les caciques du PDG attendaient que le fruit murisse et finisse par tomber. La patience des "PDG-istes à mort" a payé, tous savaient qu'Ali Ben aurait besoin d'un appareil pour aller aux élections. Les faucons, les caciques à quelques jours du 46ème anniversaire du parti viennent ainsi, de remporter une victoire décisive : la réintroduction du Bongoîsme pur et simple. Ils font désormais ce qui leur plaît : le report des élections locales est à mettre à leur crédit. Les souris sont dans le sac d'arachide, les rats sont sur le bateau. Ils tiennent désormais Ali...
Les pressions du puissant lobby mafieux qui, tapis dans l'ombre tirent les ficelles de la dictature aura fonctionné à plein régime.
Ali Ben n'a tenu, n'aura résisté qu'a peine 3 années au grand retour du système Bongo-père. Seul système valable en politique au Gabon.
Ce fameux système dont il a été lui-même victime au profit de certains ayant-droit de Bongo-père, ce même système qu'intimement il souhaitait tordre le cou a finalement eu raison de sa personne.
Mais pourquoi Ali Ben a t- il cédé aussi rapidement? Simplement parce qu'il estime qu'il a vaincu Mba Obame plus vite que prévu, que l'opposition s'est réduite à son expression la plus simple c'est-à -dire une opposition à la Bongo. Par conséquent, il ne lui restait plus qu'à s'assurer les bonnes grâces des piliers du régime que sont : ses frères maçons, ses amis tribalistes, les milieux d'affaires spécialisés dans les crimes économiques et la délinquance financière, les ténors du PDG. Bref! Comme au bon vieux temps de Bongo-père, mettre tout le système en rang de bataille. Ouvrant ainsi, les vannes de pandore. L'objectif inavoué est de préparer les élections de 2016 en capitalisant toutes les énergies.
Les concertations avec l'opposition, les négociations sur la biométrie, le prochain gouvernement de large ouverture... Tous concourent à la mise en place du "scénario 2016".
En voulant fuir le naturel, il revient au galop. Ali Ben dans sa fuite en avant, va donc dans l'espoir de se faire réélire sacrifier : la paix sociale, la bonne gouvernance, le pouvoir d'achat des Gabonais et bien sûr, son offre d'émergence...
Mais qu'aurait-on pu espérer d'un Président mal élu, illégitime de son état? Peut-être rien, sinon rien de moins que rien...
Ali Ben n'ayant ni l'envergure ni le tact de Bongo-père sort de ce combat affaibli. Il n'est plus et ne sera plus le seul maître à bord. Le prochain Congrès du parti confirmera la mainmise des faucons, le retour du Bongoïsme.
Comment en n'est-on arrivé là? Parce que, aussi simple que cela puisse paraître : en trois ans Ali Ben n'a fréquenté que les palaces du monde chic, les fuseaux horaires, les avions. Le peu de temps qu'il passait à Libreville, il le consacrait : aux courses de bateaux, aux concerts, feux d'artifices, carnavals et jeux de cirque... Un véritable groove, une bamboula au sommet de l'État. Et, que dire de son équipe? Du cabinet présidentiel, de ses ministres?
Ainsi, Ali Ben n'a pu s'offrir une alternative au Bongoïsme, une marque de fabrique qui lui soit propre, une personnalité politique distincte. Rien, il n'a rien produit de décisif ou de significatif: d'où son retour forcé 20 ans en arrière. Et, devenu l'otage de ceux qui l'ont fait roi, il navigue entre le plagiat du Bongoïsme et le copier-coller.

Guillou Bitsutsu Gielessen, Secrétaire Exécutif de l’Union Républicaine pour la Démocratie et le Progrès - URDP