lundi 12 novembre 2012

François Hollande Alias « Bonbon sucré » - La Francophonie ou le Français Trié

Le 18 Octobre 2012



François Hollande Alias « Bonbon sucré »
La Francophonie ou le Français Trié
Le sommet de la francophonie s’est achevé ce week-end à Kinshasa au moment où je commence ces lignes. Ce sommet me rappelle ma vie de francophone rythmée par des rendez-vous au plus haut niveau pour mettre en exergue cette langue du colonisateur dont nous avons hérité et qu'aujourd'hui nous avons en partage, en patrimoine commun.
Quand on parle de la France, de la langue Française, de la francophonie,  il y a tellement à dire…. Nous n’allons pas refaire l’histoire, ni le procès de cette langue  riche et noble qu’est le Français, non, il ne s’agit pas de cela… Il s’agit de plusieurs autres choses : 
Tout d’abord ce qui me frappe dans ces messes de la francophonie c’est qu’elles rassemblent un panel de dirigeants qui va du dernier venu des dictateurs au représentant de la patrie des droits de l’homme et des citoyens en passant par des invités qui ne parlent aucun mot de français tel le ministre des affaires étrangères de l’Angola ou du représentant de la Tanzanie par exemple.
Tout ce beau monde se réunit comme à l'accoutumé sans les premiers concernés par cette langue : le Peuple. Le peuple de la langue française est tenu à l’écart, loin, très loin des projecteurs. En d’autres termes, la Francophonie est réservé à un monde sélect de dictateurs et autres copains. La langue Française quant à elle, est réservée à ce que les anciens Grecs appelaient « la Doxa », le vulgaire, la foule, la masse….
Mes chers compatriotes je ne suis pas journaliste et encore moins  écrivain, à l’école j’étais nul en français à cause de mes fautes de grammaire. Le français est une belle langue mais combien difficile. Aussi, mes pensées vont vers tous ces petits enfants africains "chicotés" à tour de bras pour que le Français « rentre dans leur tête ». Ces enfants comme leurs parents seront exclus de la Francophonie.
Ensuite ce qui me frappe c’est ce grand blanc (ceci dit Hollande est petit) noyé par tous ces africains et qui pour exister est obligé de promettre, de cajoler, de distribuer des bons points, de vendre ou d’annuler… Et que dire, de ce rituel de conférences de presse que les  présidents français aiment faire  avant chaque sommet. Que cela soit du sommet France-Afrique à celui de la Francophonie on a droit à grands renforts d’annonces et de tapages médiatiques.
Ces Conférences dont les sommaires n’augurent rien de bon pour les régimes africains sont des « crèves l’annonces ». On nous annonce d’abord une tempête, un discours de rupture, des bouleversements sans précédents, des changements radicaux, des menaces…
 On s’aperçoit par la suite que ces conférences de presse ne sont que mensonge bien orchestré.  Au final, ce ne sont que des mises en garde, du mépris et de la complaisance vis-à-vis de ceux, avec lesquelles ils partagent ensuite un cocktail et dinent ensemble.
Longévité au pouvoir oblige, les dirigeants africains ont pour la plupart déjà connu une bonne brochette de présidents Français. Qu’ils soient de la Gauche française ou de la Droite les présidents africains connaissent d’emblée le rituel. Ils savent que ces conférences de tempêtes annoncées se transforment au bonheur de tous les convives en : "petite rosée tropicale".
Enfin, pour se donner bonne conscience le sommet se termine toujours pour les Présidents Français par une visite de courtoisie à l’opposant de service, dans ce cas précis, c’est Etienne Tshisekédi. Ce dernier eu comme lot de consolation une tape sur l’épaule gauche, histoire d’atténuer ses problèmes de rhumatisme.
Ces sommets me confirment dans l’idée que je me fais d’une France affaiblie politiquement en Afrique, qui manque de visibilité, de convictions et de projets politiques dans sa politique Africaine. Sinon comment comprendre qu’une tribune médiatique et politique qu’offre le sommet de la Francophonie la France n’arrive pas, n’arrive plus à imposer sa marque de fabrique.
Vous me diriez que le sommet n’est pas un espace de politique politicienne. Je vous dirais que si! Les convives du sommet ne sont pas des hommes de culture mais bel et bien des hommes politiques.
Quand on sait qu’en Afrique les pays qui ont en partage le Français sont ceux qui ont le moins avancé en terme de démocratie, de droits de l’homme, de bonne gouvernance et de libertés publiques. De l’Algérie au Cameroun, du Burkina au Tchad, le constat est édifiant…Zéro, zéro au quotient démocratique.
La France sait qui a remporté les dernières élections au Gabon ; La France sait qui a perdu les élections en Guinée ; La France sait quels ont été les résultats en Côte d’Ivoire ; La France sait qui ne s’est pas présenté aux législatives au Congo Brazza. La France sait TOUT et ne fait… RIEN.
Pourquoi devrions-nous être heureux d’avoir avec elle le Français en partage ?
Au moment où la France a eu la possibilité de faire quelque chose elle n’a rien fait. Aujourd’hui elle n’est plus que l’ombre de ce qu’elle a été c’est à dire une "puissance". Aussi, les dictatures Africaines ont encore de beaux jours devant elle.
Quant à la langue française j’estime que dans 50 ans son rayonnement actuel sera divisé par deux. Consolons nous, nous avons encore la chance de vivre en Playback les derniers Grands sommets de la Francophonie.
François Hollande Alias « Bonbon Sucré »
Pendant les dix ans passés à la tête du PS Français, il a fustigé les régimes anachroniques et liberticides de l’Afrique Francophone. Il a battu sa campagne électorale en présentant comme programme politique l’anti Sarkozisme. Qu’avons-nous demandé à Hollande ? Rien…Que nous a-t-il fait miroiter ? Tout…
En renvoyant aux africains à la fois une image d’un mélange d’Obama et de Mitterrand, il rassurait, il séduisait. Son élection fut pour l’Afrique toute entière un grand moment de liesse populaire, une consécration. Hollande l’espoir tant attendu de l’Afrique et des africains.

Exit la droite Française amie des dictateurs, affairiste et ingrate. Bienvenue à la nouvelle Gauche, la Gauche de la Bonne Gouvernance, la gauche de la Justice et des Biens mal acquis.
Que nous a ton dit ? Que sous Hollande la politique Africaine de la France serait dirigée par des professionnels de la politique et non par les mercenaires du Medef  International (mélange d’agents des services secret et d’opportunistes).
Pourquoi y  a-t-on cru ? Pourquoi la naïveté est notre péché en politique ? Pourquoi notre vision politique ne dépasse pas les 6 mois, les 1 an… disons simplement le long terme, afin de mieux construire nos idées ?
Ce que Hollande a de mieux qu’Obama c'est qu'avec lui la déception est immédiate et directe. Aussi, la déception est immense à peine après 5 mois de pouvoir. Permettez de me lâcher : « Ah ! Hollande quel Bonbon sucré, ce Hollande, quel Bonbon sucré… ».
La France des incohérences
Bon ! Revenons à la réalité. Alors comme ça, Hollande alias « bonbon sucré » trouve-t-il utile d’annoncer que les pensions des tirailleurs sénégalais, seront revues à la hausse quand les 95% de ces mêmes tirailleurs sont morts ?
Hollande alias « bonbon sucré » trouve-t-il utile d’annoncer la fin de la France -Afrique par la fin des émissaires et des mallettes ? Quant on sait que la France Afrique c’est d’abord un système mafieux qui maintient au pouvoir des régimes dictatoriaux en Afrique avec l’appui et la bénédiction de la France.
Mettre fin à la France -Afrique : c’est mettre fin à ces régimes.
D’ailleurs au passage disons-le clairement : si ces régimes dont la durée moyenne dans l’ensemble avoisine les 25 ans ne sont pas renversés ils se transformeront en Monarchies. A bon entendeur….

L’Afrique centrale qui regroupe la plus grande concentration de dictateurs au km2 en est l’illustration. Qu’ont-ils en communs ces dictateurs ? Ils ont trois choses en commun : La Dictature, La France et la Langue Française.
« Bonbon sucré » se vante que la France c’est 20% du commerce africain mais quand on sait que les pays qui ont en partage la langue française font plus de la moitié des 52 Etats que comptent l’Afrique. Il n y a pas de quoi se réjouir la moisson est loin d' être médiocre….
La France veut qu’on partage le Français et qu’ensemble nous la fassions rayonner mais est-ce possible quand elle limite les visas aux étudiants africains ? Nous savons tous que derrière toutes les annonces politiques pour l’accueil et le séjour des étudiants en France chaque préfecture a sa lecture.
La France veut que la pauvreté recule en Afrique, est-ce possible quand on sait que Bolloré a fait main basse sur tous les ports Africains. Aussi, jamais les droits portuaires n’ont été aussi élevés. Réduisant un peu plus le pouvoir d’achat des Africains qui, comme nous le savons sont condamnés à importer tous leurs besoins primaires.
Que dire du Franc CFA cette aberration des relations Franco-Africaines, ce contrat colonial sans fin, cette plaie de la finance Africaine. Comment peut-on imaginer que pareil système existe de nos jours ? Comment peut comprendre que nos dirigeants puissent accepter une telle contrainte en la présentant  comme seule solution ?
Comment peut-on même imaginer devenir un pays Emergent quand on a aucune prise sur notre monnaie ?
Près de 20 000 Milliards de CFA pour l’ensemble de la zone CFA sont prisonniers du trésor public Français. Près de 3000 Milliards rien que pour le Gabon. Cet argent est sans espoir d’une quelconque production d’intérêts. De l’argent bloqué en pure perte afin de soutenir le Franc CFA. Mis à la disposition du trésor public Français, il permet par contre à ce dernier d’avoir une oxygénation de trésorerie permanente.
La France veut que la corruption soit endiguée, que le droit et le climat des affaires soient garantis, mais ce sont les entreprises Françaises par leur proximité avec les régimes africains qui aliment les canaux de la corruption et des biens mal acquis
Hollande alias « bonbon sucré » prône une politique extérieure avec l’Afrique qui ressemble à : « ni interventionnisme, ni indifférence ». Les peuples Africains doivent selon lui, régler leurs problèmes seuls. Moi je dis Ok ! A ceci près que la France est le moteur des problèmes en Afrique. 
Prenons pour ne pas changer,  les Bongo, la France serait heureuse de les voir partir mais ne ferait rien pour ça ! Elle les a mit au pouvoir, C’est à nous de risquer nos vies pour qu’ils partent…
Comment ne pouvons-nous ne pas  nous imaginer qu’en 2017 Sarkozy revienne au pouvoir ?
Comment ne pas être tenté de soutenir Ali Bongo dans sa tentative d'introduction de l’anglais comme deuxième langue officielle ?
Mes chers compatriotes François Hollande nous a montré à suffisance ses limites et son indifférence face à notre combat démocratique pour le Gabon. Son manque d’enthousiasme et de soutien ferme à notre demande de Conférence Nationale Souveraine a été de trop. Nous devons maintenant faire ce que nous aurions dû faire dès le début c'est-à-dire compter sur nous-mêmes. Dans pareille situation l’union est notre seule force et la détermination notre seul salut.
Dr.Guilou Bitsutsu-Gielessen
Secrétaire Exécutif de l’URDP