mercredi 1 mai 2013

Chronique de Conakry



Chronique de Conakry

Avec Cellou Dalein Diallo

Je rentre d'un séjour à Conakry, j’ai rencontré les leaders de l'opposition Guinéenne que sont Sydia Touré et Cellou Dalein Diallo. Cette rencontre avec les leaders de l'opposition guinéenne a été riche en enseignements. La Guinée partage avec le Gabon certaines similitudes, notamment, une démocratie jeune qui essaye de s'imposer dans un paysage de dictature, un président contesté après une élection elle-même contestée, une lutte pour la mise en place d'un système électoral fiable.

J'ai été agréablement surpris par la vigueur, par le dynamisme de l'opposition Guinéenne mais surtout par la coopération et l'unité qu’elle affiche face au Pouvoir. Toutes les décisions d'intérêt général sont prises en assemblées et respectées par toutes les composantes de cette Opposition.
En Guinée, les acteurs politiques ne sont ni des stars, ni des vedettes, mais des leaders charismatiques et populaires qui portent un message fort. Leur popularité est assise sur un électorat stable et réel. Le peuple de Conakry soutient massivement ses leaders : les mots d’ordre de « marche », de « ville morte » sont respectés par le Peuple. Depuis le début des revendications pour des élections législatives crédibles de Février, on dénombre une douzaine de morts par balles... Et comme les Togolais, malgré les nombreuses victimes, le mouvement de contestation ne faiblit pas. Les Guinéens sont dans la rue tous les jeudis pour manifester pour leurs droits.

J’ai été aussi surpris par le niveau de compréhension par les leaders guinéens sur la situation politique au Gabon, bien qu’ils nous considèrent -  à tord ou à raison – comme des enfants gâtés de la politique. En somme, ils ne nous prennent pas au sérieux dans nos actions politiques sur le terrain.

Côté social
Ce qui est surprenant aussi dans cette ville de Conakry, c'est qu'il y a peu de mixité dans les quartiers de la ville. Les Sousous vivent là-bas, les Malinkés ici, les Peuls à l'autre bout... Séparés par les modes de vie et les habitudes, ils sont unis face aux revendications politiques de portées nationales. Aussi là-bas, chacun parle son patois sans complexe. Vous n’entendrez jamais quelqu'un dire à «  l'autre » ne parle pas ta langue mais parle le Français...par conséquent vous trouverez un Sousou qui parle Malinké, un Malinké qui parle Peul, un Peul qui parle à la fois Malinké et Sousou. Chaque ethnie vit dans son coin avec son mode de vie et ses traditions mais parle la langue des autres... C'est extraordinaire de voir ça surtout quand on vient du Gabon.

Dans les divers, je dirai que la Guinée est un très beau pays, j'ai visité le Fouta et une partie de la basse côte. Conakry est une ville sale, un immense village. Les Guinéens ont une conduite automobile stressante, ils regardent les étrangers avec indifférence mais avec du respect. Le mot Guinée en langue Sousou cela signifie Femme. Eh oui! Les Guinéens l'ont compris eux-mêmes : La Guinée c'est le pays où les femmes sont belles et douces ....